Anaïs Quemener a 27 ans. Elle est aide-soignante aux Urgences en Seine-Saint-Denis et fait de la course à pied en club depuis l’âge de 7 ans. Passionnée de demi-fond et fond, ses disciplines préférées sont le 10 km et le marathon. En août 2015, Anaïs apprend qu’elle est atteinte d’un cancer du sein, elle décide pourtant de ne pas arrêter de courir durant les traitements et opérations et devient même championne de France de marathon en 2016. En 2018, elle gagne le titre de vice-championne de France de 100 km. Le 30 juin, elle participera avec l’association Casiopeea, dont elle est la marraine, au Raid du Golfe Ultra Marin, 177 km en relais tout autour du Golfe du Morbihan pour prouver que le sport peut vaincre la maladie. Elle nous explique pourquoi la course à pied est pour elle une réelle thérapie.

Continuer, ou même commencer, une activité physique régulière lors des traitements est important, voire nécessaire.

Tout d’abord, physiquement : le sport permet de maintenir une masse musculaire, que l’on à tendance à perdre lors des traitements et dont on va avoir besoin. De plus, l’activité physique prévient des maladies chroniques, tels que le diabète, l’hypertension et évite dans un grand nombre de cas les récidives de cancer en améliorant la fonction immunitaire permettant au corps de lutter contre les cellules cancéreuses. Mais également moralement : le sport est une thérapie naturelle, la sensation de bien-être (vive les endorphines !) améliore le moral général, permet d’éviter de ruminer. Il génère des pensées positives et réduit les effets secondaires tel que les nausées, les vomissements, la fatigue, le stress, l’anxiété, la constipation, les diarrhées. Il stimule l’appétit et la prise de poids, et diminue les douleurs. Le sport permet par ailleurs de garder un lien social, de faire des rencontres, de se créer un réseau de nouvelles personnes et d’être ainsi accompagné au quotidien.

Si l’activité physique est essentielle, comment s’y prendre pour continuer à faire du sport pendant le traitement.

Gardez toujours à l’esprit que l’objectif numéro 1 est le plaisir. Lors des traitements, mieux vaut ne pas essayer de rechercher la performance, il faut reprendre progressivement et ne pas hésiter à s’autoriser des pauses. Pensez également à alterner. Le cardio c’est bien, mais si possible, et en fonction de votre forme, alternez avec un peu de renforcement musculaire, un peu de vélo, de natation et d’étirements. Votre corps vous remerciera ! Et persévérez ! Choisissiez une activité qui vous plaît, la fréquence idéale est de 3 fois par semaine et de 30 minutes d’activité quotidienne comme la marche rapide.

Il est aussi peut être temps de changer vos habitudes ?

Faites vos courses et trajet à pied ou à vélo, privilégiez les escaliers. Si vous avez des enfants ou des animaux, profitez en pour faire de l’exercice ensemble, autant lier l’utile à l’agréable.

Il est important de prendre son temps et de ne pas se décourager, ça ne sera pas facile tous les jours, mais chaque jour est une victoire et sur le cancer et il n’y a pas de petite victoire. De plus, maintenant le sport est prescrit sur ordonnance, alors n’hésitez plus !

« Prenez soin de votre corps, c’est le seul endroit où nous sommes obligés de vivre. » Jim Rohn.

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Anaïs Quemener

Anaïs Quemener est vice-championne de France du 100 km en 2018, championne de France de Marathon en 2016, et en traitement contre un cancer du sein depuis 2015. Le sport a été essentiel dans sa guérison.

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