Et si on se plongeait dans les méandres de l’alimentation ayurvédique ? Elle a pas mal
de points communs avec l’équilibre alimentaire, mais elle a ses principes fondamentaux
et ses routines rigoureuses. Découverte.

Qu’est-ce que l’ayurveda ?

La base. Il s’agit d’une des médecines les plus anciennes au monde, qui prend ses racines en
Inde au cours de la période 2000-1000 av J.-C. En s’appuyant sur leurs observations, de leurs
expériences et les ressources naturelles, les sages indiens ont développé l’ayurveda, qui
signifie « science de la vie ». En sanskrit, Ayur = la vie, la biologie, la longévité. Et Veda (ou
Ved), la connaissance, la science ou la sagesse. Médecine holistique (et reconnue par l’OMS
comme médecine à part entière depuis 1982), préventive et curative, l’Ayurveda envisage la
santé comme le fonctionnement équilibré des humeurs biologique (les Doshas), des tissus, du
métabolisme, des enzymes, et l’état de satisfaction des sens, du mental et de l’âme. Tout un
programme, donc.

A la recherche de son Dosha

Pour trouver son type d’alimentation, il faut identifier son Dosha. L’un des fondements de
l’Ayurveda s’appuie notamment sur la théorie des Doshas, c’est-à-dire, les humeurs. Ce sont
des éléments qui inscrivent nos tendances sur nos potentiels et nos faiblesses. Il y en an
trois :

Vata, composé d’Air et d’Ether ;
Pitta, composé de Feu ;
Kapha, composé d’Eau et de Terre.

Ok. Mais comment fait-on ?

En théorie, il est nécessaire de réaliser une consultation avec un médecin ayurvédique, qui
prendra votre pouls, avec un questionnaire précis à remplir. Il existe plusieurs tests sur
internet, qui peuvent donner une tendance, une indication. A savoir que nous avons en nous
les trois Doshas, les trois humeurs, mais une seule dominera (ou 51/49 % selon les cas)

Exemples :

J’ai une tendance « Vata » : plutôt mince, peau sèche et fine, cheveux fins, visage long et
angulueux, lèvres minces, démarche vive, change d’humeur, apprend et oublie vite, peu
endurante, sommeil court et léger, digestion irrégulière, aime le changement et la futilité,
change souvent de rythme de vie.

Alimentation : plutôt réconfortante, douce et grasse, mangée à heures régulière, avec des
épices chauffantes ( cannelle, gingembre, cumin) et une limitation des aliments crus, des
crucifères, des céréales complètes et des substances amères.

J’ai une tendance « Pitta » : corpulence, voix forte et claire, peau claire et douce, cheveux
doux, plutôt créatif, bonne digestion, gros appétit, aime défis et challenges.

Alimentation : limiter les aliments chauffants (surtout l’été), les saveurs acides (agrumes, sel,
poivre) et privilégiez les saveurs amères, et astringentes pour diminuer les inflammations et
améliorer les fonctions hépatiques et biliaires. Privilégiez une nourriture la plus fraiche
possible.

J’ai une tendance « Kapha » : corpulence plutôt lourde, os épais, visage rond, cou large et
solide, lèvres épaisses, tendance à l’embonpoint et l’apathie, démarche lente, endurant à
l’effort, très bonne mémoire, digestion lente, endormissement et contact social faciles.

Alimentation : privilégiez les saveurs piquantes (gingembre, moutarde), amère (curcuma,
roquette) et astringente pour purger le foie et améliorer la circulation des fluides, un peu lente
chez les personnes Kapha. Évitez les fromages, le lait, la charcuterie…

Quelques règles ayurvédiques

On ne compte pas les calories et l’on mise sur la satisfaction des besoins nutritionnels autant
que le plaisir gustatif. Il faut tenir compte de son Dosha, donc, il n’y a pas de régime standard,
mais bien une alimentation qui convient à chacun et chacune.

1. Les 6 saveurs (les Rasa) : doux, acide, salé, piquant, amer et astringent. Ces saveurs
ont une action bien précise sur les différentes phases de digestion. Donc, à l’instant même
ou un aliment passe en bouche, le cerveau détermine le type de fluide gastrique, les
enzymes et organes devant digérer l’aliment en question.

Important : dans un repas équilibré en ayurveda, on doit retrouver les 6 saveurs à chaque
repas pour satisfaire les besoins du corps et le sens du goût.

2. Le volume : on s’arrête de manger avant de se sentir rempli. Donc, bon point pour les
sensations alimentaires.

3. Pas de régime : si la médecine ayurvédique envisage la détoxication (avec des règles
précises) pour nettoyer régulièrement l’organisme, elle ne précise jamais de régime restrictif
(Dukan, Cétogène etc…).

4. Une alimentation diversifiée : sauf intolérance alimentaire, on varie les grandes familles
d’aliments et l’on diversifie à l’intérieur de chaque famille, pour éviter qu’à la longue, notre
système digestif ne devienne « rigide ».

5. Les mauvaises combinaisons alimentaires (Virudha-ahar) : mélanger deux aliments qui
ont des caractéristiques opposées (ex : une tarte tatin tiède avec une bouille de vanille),
consommer des aliments en dehors des repas ou dans un moment inadapté (ex : manger de
la nourriture froide, la nuit), interrompre le cycle de digestion avec un autre repas, grignoter
(et donc, relancer un cycle de digestion qui surchargerait l’organisme), mélanger la viande
avec les féculents ou le lait et les œufs, manger les fruits frais seuls… C’est là qu’on retrouve
les routines rigoureuses et l’aspect un peu « réglementaire » de l’ayurveda.

L’ayurveda, de nouvelles règles ?

Pas si nouvelles, puisque cette médecine est millénaire. Néanmoins, retenez que l’objectif
de cet article n’était pas d’induire de nouvelles règles alimentaires (« à éviter », « à
privilégier », « pas de lait avec l’œuf », « pas de viande avec le féculent »…) mais de décrire
de manière non exhaustive les principes fondamentaux de l’alimentation ayurvédique afin
que vous puissiez y trouver des correspondances (« tiens, oui, c’est vrai que je digère moins
bien telle ou telle association ») et si vous êtes « ok » avec ça, peut-être aller plus loin dans
l’exploration de votre Dosha dominant.

Pour creuser davantage, je vous recommande la lecture du livre très complet,  » Ma bible de l’ayurveda« ,

de Fabien Correch et Nathalie Ferron, paru aux éditions Leduc, disponible chez votre libraire le plus proche.
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Charles Brumauld

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